Archive pour le ‘Organisation’ catégorie

L’affectation des ressources d’équipe

16 octobre 2009

Sur un grand projet industriel, il est difficile de prévoir toutes les ressources pour réaliser les travaux, en particulier dans la phase de construction. Alors, il est illusoire de les recenser dans le détail très en amont, afin de les affecter sur les tâches du planning, comme les logiciels de planification le permettent.

« L’astuce », c’est d’affecter des ressources d’équipes, plutôt que des ressources élémentaires.

Chaque tâche planning construction est en effet réalisée par des spécialistes de la discipline concernée. On peut alors prévoir une ressource d’équipe pour chaque type de tâche, ce qui permet de voir directement, avec l’outil, les profils d’utilisation des équipes (besoin en ressources), les surcharges et risques délais. Pour ce faire, il faut faire en sorte que la charge de travail (par exemple en jours) soit égale à la durée de la tâche, de manière à avoir une capacité égale à 1 (100%) par unité de temps (jour par exemple). Avec un logiciel comme MS Project, il suffit de définir les tâches avec une « Capacité » fixe. Ensuite, le plan de charge obtenu peut très bien être détaillé sous EXCEL, en spécifiant les fonctions qui accomplissent le travail.

On obtient ainsi des plannings chargés, ce qui, avec la puissance des outils de planification, permet de lisser et de niveler la charge, afin d’optimiser le planning.

Jean-Yves Moine

La courbe de référence au plus tard

14 octobre 2009

Ce qu’il manque dans les courbes en S de la valeur acquise, c’est la courbe de progression au plus tard. Courbes en S

Avec celle au plus tôt, elle constitue une enveloppe au-delà de laquelle il existe un fort risque de dépassement de la date de fin prévisionnelle du planning. La courbe de la valeur acquise doit toujours se situer dans l’enveloppe définie par les courbes au plus tôt et au plus tard. Cette courbe, qui est en fait la représentation des poids (heures ou engagés) cumulés étalés sur le planning calé au plus tard, définit une limite à ne pas atteindre. Si le retard se mesure par rapport à la courbe de référence au plus tôt, la marge de manœuvre, en termes d’effort à réaliser, se mesure par rapport à la courbe de référence au plus tard.

Je propose de définir un « Indice de Criticité » qui serait égale à : (Poids de la référence au plus tôt – Poids de la Valeur Acquise) / (Poids de la référence au plus tôt – Poids de la référence au plus tard).

Jean-Yves Moine


La gestion de projet à l’heure du web 2.0

14 avril 2009

L’arrivée du web 2.0, avec ses nouveaux modes de travail et ses outils sociaux, a accéléré l’évolution de la gestion de projet, caractérisée par une nouvelle forme d’équipe, une approche itérative et collaborative de la réalisation des activités et l’utilisation de logiciels plus flexibles de suivi et de partage de l’information. Gilles Balmisse et Ali Ouni nous expliquent pourquoi cette gestion innovante de projet, dite 2.0, apporte une réponse adaptée aux nouvelles exigences des organisations.

Ces dernières années, la gestion de projet a fortement évolué. Fondée dans les années quatre-vingt-dix sur une approche centrée sur une analyse structurée des activités du projet et l’utilisation d’outils tels que GANTT ou PERT, elle s’est ensuite orientée vers une approche plus souple, centrée sur les individus et reposant sur la collaboration.

Vers une gestion de projet moins structurée et plus collaborative

Modèle adapté de Craig Brown (www.betterprojects.net)

Modèle adapté de Craig Brown (www.betterprojects.net)

Aujourd’hui, de nombreuses équipes projet n’utilisent plus les logiciels spécialisés tels que Microsoft Project, mais des logiciels bureautiques qui sont à la disposition et à la portée de tous : la messagerie électronique, Microsoft Word et Excel, les gestionnaires de tâches, etc. Désormais, l’objectif n’est plus de structurer la démarche et de contrôler son déroulement de manière drastique, mais d’obtenir rapidement
des résultats en privilégiant la souplesse et la réactivité. Cette nouvelle nature de projet privilégie :

  • une cible réduite, parfaitement identifiée et généralement locale ;
  • des délais plutôt courts visant à produire rapidement des résultats concrets ;
  • un planning macroscopique affiné au fur et à mesure du déroulement du projet.

Confrontés à des situations nouvelles de plus en plus complexes, les collaborateurs devenus des acteurs-décideurs sont obligés à plus de réactivité et de souplesse dans leurs activités quotidiennes et sont amenés à solliciter leurs homologues et à collaborer.


Une accélération avec le web 2.0
: avec les médias sociaux, la communication et la collaboration au sein d’une équipe projet sont devenus plus faciles.

Une nouvelle forme d’équipe projet : équipe de plus en plus réduite, où on favorise la communication et la décentralisation des tâches de gestion de projet (planning, tâches, CR, etc).

Une nouvelle méthodologie de projet : démontrer rapidement des résultats en utilisant un planning macroscopique affiné au fur et à mesure du déroulement des phases, un projet 2.0 repose aussi sur une approche itérative d’amélioration continue.

De nouveaux outils de gestion de projet : blogs, wiki et RSS mais aussi des plateformes web 2.0 dédiées.

Article complet publié dans la Revue Documentaliste.

L’accompagnement au changement

25 octobre 2007

Accompagnement au changement

Votre projet a pour finalité la mise en oeuvre d’une nouvelle application au sein de votre entreprise et ceci va inévitablement modifier les pratiques des utilisateurs. Ce facteur humain constitue l’une des principales causes d’échec des projets informatiques. Aussi, vous devrez non seulement faciliter au maximum l’acceptation des changements induits par cette nouvelle application, mais également réduire les facteurs de rejet. Cela peut se faire par le biais de l’accompagnement au changement, aussi appelé « conduite du changement ». Cet outil vous permettra d’anticiper les risques et d’optimiser la démarche de mise en place de la nouvelle solution.

Elle est basée sur quatre concepts fondamentaux.

La participation

Vous devez associer les futurs utilisateurs dès le début du projet. Vous pourrez ainsi prendre en compte leur avis et faire en sorte que l’application finale corresponde au mieux à leurs attentes. Vous devez en outre obtenir leur adhésion. Pour cela, informez-les et expliquez-leur le bien-fondé du changement ou de la mise en place d’une application. Bien entendu, vous rencontrerez de la résistance au changement… Veillez donc à rester bien à l’écoute de chaque personne, adaptez votre discours et soyez sans cesse en interaction avec eux pour ne pas donner l’impression de les mettre de côté et de décider tout seul.

La communication

Comme nous l’avons vu précédemment, elle contribue en grande partie à la réussite de votre projet. Dans votre démarche d’accompagnement au changement, vous devez également mettre l’accent sur ce facteur clé de réussite. Mettez en place un plan de communication permettant aux utilisateurs de comprendre et d’accepter les changements à venir. Ainsi, ils doivent connaître les objectifs du projet, ses conséquences sur leur pratique professionnelle ainsi que son planning et son avancement.

Pour vous aider, vous répondrez aux questions « qui, quoi, comment ? » :

  • « qui » désigne les utilisateurs concernés directement ou indirectement par le changement ;
  • « quoi » fait référence aux soucis ou aux questions des utilisateurs ;
  • « comment » indique la meilleure façon, le meilleur moment et la personne indiquée pour communiquer.

Vous pouvez également, et en fonction de la nature et de la taille du projet, confier cette mission à la direction de la communication ou à des spécialistes externes. La formation Vous devez vous assurer que les utilisateurs disposent des connaissances théoriques et pratiques nécessaires à leur travail. Pour cela, plusieurs étapes sont à envisager :

  1. identifiez et dénombrez les utilisateurs à former ;
  2. identifiez le contenu et les modules de formation ;
  3. définissez le support de formation (sessions de formation, didacticiel, etc.) ;
  4. désignez les formateurs ;
  5. élaborer les modules de formation (support papier, didacticiel, etc.) ;
  6. planifiez les sessions de formation et réservez les ressources nécessaires ;
  7. dispensez la formation ;
  8. évaluez la formation par un bilan animateur et utilisateur.

L’accompagnement lors de la mise en production

À l’occasion du déploiement de l’application, les utilisateurs vont prendre en main leur nouvel outil et mettre en pratique ce qui aura été vu lors des formations. Il peut être efficace de mettre en place un accompagnement de l’utilisateur à son poste de travail. Vous pourrez ainsi vous rendre compte en direct des éventuelles difficultés d’utilisation, des manipulations problématiques et répondre immédiatement aux demandes.

La conduite du changement ne s’arrête donc pas à la formation et à la remise d’un mode d’emploi, mais doit impliquer et faire participer activement les utilisateurs à la démarche. Et ceci dès les premières phases de votre projet.

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Extrait du chapitre 3 du livre Manager un projet informatique, par Olivier Englender, Sophie Fernandes. Publié le 23/08/2007 aux éditions Eyrolles.

La communication du projet : Les tableaux de bord

20 octobre 2007

Les tableaux de bord

Cet outil va vous permettre de rendre compte de l’avancement du projet par le biais de différents indicateurs. Vous pouvez bien entendu créer plusieurs de ces tableaux et certains indicateurs pourront être communs. Vous allez ainsi réunir des informations essentielles et significatives que vous pourrez mettre à disposition de votre direction. Il faudra veiller à alimenter régulièrement ces tableaux de bord pour permettre une analyse dans le temps des indicateurs.

Généralement, il est recommandé d’élaborer des tableaux de bord traitant les points suivants :

  • avancement général du projet (livraison, coûts, délais) ;
  • consommation des ressources (internes, externes) ;
  • facteurs de risque (incidents techniques, anomalies, etc.).

Voici quelques conseils pour optimiser votre tableau de bord :

  • il doit être simple, pour une meilleure manipulation et mise à jour ;
  • clair (les indicateurs utilisés doivent être aisément compréhensibles par les lecteurs) ; concis, mais néanmoins complet ;
  • enfin, évolutif et capable de s’adapter au changement.

Bon à savoir

Un tableau de bord doit pouvoir être apprécié en un seul coup d’oeil !

Comment construire votre tableau de bord ?

Certains principes utiles doivent être respectés pour que votre tableau de bord soit le plus efficace possible.

• Ne mettez pas trop d’indicateurs (au maximum dix) : tenez-vous en aux indicateurs principaux et ne surchargez pas votre tableau, car vous risquez de noyer l’essentiel en mettant trop d’informations.

• Pour chaque indicateur, définissez des valeurs de référence (minimum, maximum) pour éviter des dérapages dans le projet. Ainsi, vous verrez aisément si les valeurs de vos indicateurs sont dans la norme.

• Définissez les informations indispensables au calcul des indicateurs (d’où viennent les données, quand sont-elles rafraîchies, etc.).

• Estimez le temps consacré à l’élaboration des tableaux de bord par rapport à la taille du projet.

• Obtenez l’adhésion des acteurs en les informant de la mise en place de ces tableaux de bord et des indicateurs choisis.

Exemples

Voici trois exemples de tableaux de bord réalisables et mis en place de manière très simple et rapide.

Budget

tableau-bord-situation-en-cours

tableau-bord-suivi-incidents

Si vous disposez de plus de temps, vous pourrez bien entendu créer des rapports plus sophistiqués et complexes. Le tableau de bord est donc un outil nécessaire et essentiel au pilotage de votre projet. Il permettra une représentation lisible et facile à interpréter de l’activité du projet et saura vous faire prendre les décisions adéquates si nécessaire.

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Extrait du chapitre 3 du livre Manager un projet informatique, par Olivier Englender, Sophie Fernandes. Publié le 23/08/2007 aux éditions Eyrolles.