Archive pour octobre 2009

L’avancement de la construction

22 octobre 2009

Dans le cadre de la construction d’un ouvrage, sur le chantier, bien sûr il faut utiliser la technique « pondération d’items », c’est-à-dire pondérer les activités en fonction du nombre d’heures pour les réaliser, et consolider l’ensemble sur la structure WBS pour obtenir l’avancement d’un groupe de tâches ou de la phase construction.

Pour ce qui est de la mesure du pourcentage d’avancement physique de chaque tâche, et conjointement aux pondérations, il faut utiliser la technique « Unité équivalente », c’est-à-dire comparer les quantités réalisées par rapport à celles prévues. Par exemple, si 100 mètres linéaires de pose de voie ont été réalisées sur 1000 prévues, alors le pourcentage d’avancement physique est de 10%. Pour des tâches comme le terrassement on utilise l’unité mètre cube. En fonction de la nature de l’activité, on choisit donc une unité de mesure. Pour relever cet avancement, il faut mettre en place un système d’information, afin de reccueillir l’information. Chaque contributeur doit le renseigner de préférence de manière hebdomadaire.

De plus, il faut pouvoir disposer des heures dépensées, et ceci sur chaque tâche planning, voire sur des tâches enveloppant d’autres tâches, ceci afin de mesurer la productivité, d’identifier les risques délais et coûts, et tracer les courbes de la valeur acquise. De même, un système d’information est à mettre en place.

Jean-Yves Moine

La problématique de la mise en place d’un système de gestion de la Valeur Acquise

20 octobre 2009

Je pense que la Valeur Acquise (VA) doit être gérée par le contrôleur de projet et non pas par le contrôleur financier.

La difficulté dans la mise en place d’un système de gestion de la VA, ce n’est pas la mesure de l’avancement physique mais bien la récolte des données concernant les dépenses, qui sont rarement en adéquation avec le planning. Le planificateur est en mesure de la calculer, la VA, ainsi que d’étaler le budget sur les tâches du planning, il est en mesure aussi d’étaler le Reste à Faire (RAF) sur les tâches planning, il ne lui manque que les dépenses.

La plupart des entreprises aujourd’hui font du contrôle de gestion et non pas de la Coûtenance. Alors la structure de gestion des coûts n’est forcément pas en rapport avec la structure du planning. En coûtenance en effet, les coûts sont consolidés sur le WBS ce qui constitue le CBS (Cost Breakdown Structure), alors qu’en contrôle de gestion les coûts sont accueillis par une structure plutôt orientée activité ou nature de coûts. Pour mettre en relation les structures planning et coûts, en pratique, il faut construire une base de données relationnelle, mais encore faut-il que le contrôle de gestion (L’Entreprise) ait la volonté de transmettre ces informations, parce qu’il y a un aspect de confidentialité des données financières. Alors, souvent, c’est le contrôle de gestion qui essaie de construire la courbe de la VA, puisqu’il dispose déjà du budget (non lié au planning) et surtout les dépenses : et c’est naturellement l’échec, puisque la VA (et le budget) n’est pas liée au planning.

Pour ce qui est de la trésorerie et du chiffre d’affaire (termes de paiement liés à des évènements positionnés dans le temps) : même problème en général. Le contrôle de gestion fait tout dans son coin, et le système n’est aucunement lié au planning, donc il n’est pas pertinent.

Il serait temps que les entreprises comprennent que le contrôle de projet est un métier à part entière, complémentaire au contrôle de gestion.

Jean-Yves Moine

Gantt et chemin de fer

18 octobre 2009

Je pense que les plannings Gantt et chemin de fer sont complémentaires. Aujourd’hui, avec les outils disponibles, et pour construire un diagramme chemin de fer, plus question de faire du dessin avec EXCEL ou même avec un logiciel dédié. Des interfaces entre par exemple MS Project et TILOS fonctionnent très bien.

Le diagramme de Gantt permet de piloter le projet, de bien analyser le planning en termes de liens logiques, de marges et de chemin critique.

Le diagramme chemin de fer permet d’ajuster le Gantt, en ce qui concerne le phasage des travaux, les durées des tâches. Il s’agit de faire en sorte que les pentes des activités soient homogènes d’une zone à l’autre, c’est-à-dire les rendements ; de plus ce diagramme permet de voir si les lignes de front ne se croisent pas. Les temps de mobilisation et démobilisation des équipes, ainsi que le blocage de zones, sont aussi visibles et planifiés (forme de l’activité).

Le Gantt pilote donc le chemin de faire, et de nombreux aller-retour sont nécessaires pour obtenir un planning de qualité.

Jean-Yves Moine

L’affectation des ressources d’équipe

16 octobre 2009

Sur un grand projet industriel, il est difficile de prévoir toutes les ressources pour réaliser les travaux, en particulier dans la phase de construction. Alors, il est illusoire de les recenser dans le détail très en amont, afin de les affecter sur les tâches du planning, comme les logiciels de planification le permettent.

« L’astuce », c’est d’affecter des ressources d’équipes, plutôt que des ressources élémentaires.

Chaque tâche planning construction est en effet réalisée par des spécialistes de la discipline concernée. On peut alors prévoir une ressource d’équipe pour chaque type de tâche, ce qui permet de voir directement, avec l’outil, les profils d’utilisation des équipes (besoin en ressources), les surcharges et risques délais. Pour ce faire, il faut faire en sorte que la charge de travail (par exemple en jours) soit égale à la durée de la tâche, de manière à avoir une capacité égale à 1 (100%) par unité de temps (jour par exemple). Avec un logiciel comme MS Project, il suffit de définir les tâches avec une « Capacité » fixe. Ensuite, le plan de charge obtenu peut très bien être détaillé sous EXCEL, en spécifiant les fonctions qui accomplissent le travail.

On obtient ainsi des plannings chargés, ce qui, avec la puissance des outils de planification, permet de lisser et de niveler la charge, afin d’optimiser le planning.

Jean-Yves Moine

La courbe de référence au plus tard

14 octobre 2009

Ce qu’il manque dans les courbes en S de la valeur acquise, c’est la courbe de progression au plus tard. Courbes en S

Avec celle au plus tôt, elle constitue une enveloppe au-delà de laquelle il existe un fort risque de dépassement de la date de fin prévisionnelle du planning. La courbe de la valeur acquise doit toujours se situer dans l’enveloppe définie par les courbes au plus tôt et au plus tard. Cette courbe, qui est en fait la représentation des poids (heures ou engagés) cumulés étalés sur le planning calé au plus tard, définit une limite à ne pas atteindre. Si le retard se mesure par rapport à la courbe de référence au plus tôt, la marge de manœuvre, en termes d’effort à réaliser, se mesure par rapport à la courbe de référence au plus tard.

Je propose de définir un « Indice de Criticité » qui serait égale à : (Poids de la référence au plus tôt – Poids de la Valeur Acquise) / (Poids de la référence au plus tôt – Poids de la référence au plus tard).

Jean-Yves Moine