Archive pour le ‘Méthodes’ catégorie

La matrice WBS à quatre dimensions : « WBS Matrix » (première partie)

28 avril 2010

Quand il s’agit de planifier un projet de type EPC (Engineering, Procurement, Construction) comme une usine, un réseau de tramways ou autres, on sait qu’il faut commencer par le décomposer en éléments simples, d’une manière hiérarchique. On part du haut et on découpe le projet en tâches élémentaires pour bâtir ce que l’on appelle l’Organigramme des Tâches ou WBS, il s’agit ici des travaux à effectuer. On identifie aux nœuds du WBS les lots de travaux et on leur assigne un responsable unique.

Je propose une approche quelque peu différente.

Il a été constaté que tous les projets ont à peu près la même structure de découpage. Par exemple on commence toujours par étudier d’une manière générale puis détaillée, chaque discipline étudie les systèmes de sa spécialité. On achète toujours les équipements après la spécification, on regroupe parfois les commandes par lots de fournisseurs, on fabrique ou achète et on transporte des équipements, par lot aussi, on installe les équipements et matériels dans des zones géographiques correspondant à des localisations au sein de l’ouvrage, puis on teste à la fin les systèmes que l’on a étudié.

On peut imaginer le projet divisé par exemple 4 ensembles qui seraient : Etudes, Approvisionnements, Construction et Tests. Ce sont les phases du projet, qui s’enchaînent dans l’ordre chronologique et se lisent de la gauche vers la droite.
Matrice WBS 4D
Je dis simplement que les tâches du projet se situent à l’intersection de ces phases, les tâches peuvent être représentées comme des croix dans ces 4 ensembles.

Or les phases se composent de 3 sous ensembles en général. Et il est proposé de mettre un nom sur chaque sous ensemble. On appelle ABS la liste des activités à déployer, on appelle PBS la liste des produits, GBS la liste des zones géographiques, FBS la liste des systèmes à étudier et à tester, les Disciplines correspondent au métier (mécanique, électricité…), et on distingue aussi une notion de lots dans le sens regroupement.

Alors pour les études, comme on étudie des systèmes fonctionnels par discipline et que l’on déploie des activités (spécification, note de calcul, flow diagrams…), on peut écrire que les études peuvent se décomposer en 3 sous ensembles (Discipline, FBS, ABS) qu’il faut croiser pour obtenir la liste des tâches. On écrit : WBS études = Discipline x FBS x ABS. La liste des tâches se situe à l’intersection de ces 3 sous ensembles.

Pour les approvisionnements (consultations jusqu’à la fin du transport), on regroupe souvent les commandes par lots, les équipements et matériels en fait (le PBS). On a : WBS approvisionnements = Lots x PBS x ABS. La liste des tâches se situe à l’intersection de ces 3 sous ensembles.

Pour la construction, on monte et installe des équipements et matériels dans des zones géographiques. On écrit : WBS construction = GBS x PBS x ABS. La liste des tâches se situe à l’intersection de ces 3 sous ensembles.

Et enfin pour les tests, on teste les systèmes fonctionnels (FBS) par disciplines. On obtient : WBS tests = Discipline x FBS x ABS. La liste des tâches se situe à l’intersection de ces 3 sous ensembles.

On a donc 4 ensembles « phases » qui se divisent chacun en 3 sous ensembles.

Je dis simplement que la liste des tâches structurée se situe à l’intersection de tous ces ensembles.

Concrètement il faut raisonner avec des matrices, des tableaux à 2 dimensions mettant en relation toutes les listes. Par exemple, pour les études, on fait un tableau avec sur l’axe des x l’ABS et l’axe des y le FBS, et on met des croix quand il y a des activités à déployer sur les systèmes. Ensuite on fait un autre tableau avec sur l’axe des x les Disciplines et l’axe des y le FBS, et on met des croix quand un système appartient a une discipline. On met côte à côte ces 2 tableaux et on obtient un tableau à 3 dimensions. On en déduit la liste des tâches études en analysant toutes les correspondances. Il est possible de mettre un numéro d’ordre entre le FBS et l’ABS au lieu de mettre des croix, ainsi les tâches obtenues sont déjà pré-ordonnancées. On fait la même chose pour les autres phases.

Quand il s’agit de faire un planning, je propose d’utiliser cette méthode couplée à un petit programme VBA EXCEL permettant de générer toutes tâches. Il suffit alors d’importer la liste des tâches, avec leurs codes associés, dans l’outil de planification. Ceci permet d’obtenir rapidement des plannings très structurés.

Jean-Yves Moine

La note de cadrage

29 octobre 2009

La note de cadrage est un document qui se doit volontairement succinct sans masquer les incertitudes. Son objectif : rendre l’idée du projet compréhensible à tous ! Un bon moyen de tester une note de cadrage est le la faire lire par une personne non avertie. Si le lecteur est capable de restituer le projet avec clarté, c’est que le commanditaire a réussi à exprimer son idée de projet.

Utilisation :

La note de cadrage est un document de synthèse issu de la rencontre du commanditaire et du chef de projet : la réunion de cadrage

La note de cadrage est le livrable de cette phase. Elle a pour objectif d’assurer au commanditaire et au chef de projet :

  • Partir dans la même direction
  • Etablir des règles de fonctionnement
  • Parler de la même chose
  • Retrouver sur le projet un intérêt mutuel
  • S’entendre sur une organisation

Informations à obtenir :

La note de cadrage contient toutes les informations qui sont nécessaires pour le chef de projet pour prendre en main le projet :

  • Qui est le client ?
  • Quels sont les objectifs ?
  • Quel est le délai ?
  • Quel est le budget ?
  • A quoi sert le projet ?
  • Quelle rentabilité est attendue ?

Un bon moyen de tester une note de cadrage est de la faire lire par une personne non avertie. Si le lecteur est capable de restituer le projet avec clarté, c’est que le commanditaire a réussi à exprimer son idée de projet.

Lire la suite de l’article chez Olsen Conseil

Stefan Csösz – http://www.olsenconseil.com
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WBS versus OBS

27 octobre 2009

WBS versus OBSLe WBS (Work Breakdown Structure) et l’OBS (Organisation Breakdown Structure) sont symboliquement liés par la RAM (Responsibility Assignment Matrix). Le WBS représente l’ensemble des travaux à effectuer dans le cadre d’un projet, et l’OBS représente l’organisation de l’entreprise. Comme le montre la figure ci-dessus, ces 2 organigrammes sont s’imbriqués de manière matricielles.

Le WBS est obtenu par croisement entre le PBS (Product Breakdown Structure) et les phases du projet (Etudes, approvisionnements, Montage et tests) pour un projet de type développement produit. Mais il faut aussi croiser la notion de systèmes fonctionnels. Pour un projet de type construction (EPC), il faut y ajouter une notion de GBS (Geographical Breakdown Structure). Le dernier élément du WBS est le lot de travail, ce lot est détaillé en tâches planning.

L’OBS est prolongé par le RBS (Resource Breakdown Structure). Il est conseillé de définir des ressources génériques (Technicien mécanique, Ingénieur électronique…) plutôt que nominatives, ceci pour des raisons d’interchangeabilité des ressources.
C’est lorsque que l’on affecte des ressources sont sur les tâches du planning, que l’on lie le WBS à l’OBS.
Jean-Yves Moine

Elaboration d’un WBS d’un projet de type EPC

25 octobre 2009

WBS d'un projet de type EPCPour un projet de type EPC (Engineering, Procurement, Construction), par exemple la construction d’une usine, le WBS ou la structure de décomposition du projet en tâches, doit effectuer une sorte de boucle. On commence par étudier des systèmes fonctionnels, et on teste, à la fin du projet, des systèmes fonctionnels.
Entre temps, une organisation se met en place et les systèmes sont étudiés par métiers ou disciplines. Puis, on achète et/ou fabrique des équipements et matériels et on les transporte jusqu’au site. Sur site, on installe des équipements et matériels dans des zones géographiques. Et enfin on teste les équipements et matériels constituant les systèmes.
Il est d’usage de décomposer le premier niveau du projet par phases : Etudes, Approvisionnements, Construction et Tests. Ceci permet d’obtenir une vision chronologique du projet.

- Pour les études, le découpage est défini par disciplines puis par systèmes.

- Pour la phase d’approvisionnement le découpage est défini par équipements et matériels.

- Pour la construction, le découpage est défini par zones géographiques puis équipements,

- Pour le commissioning (tests), le découpage est défini par systèmes.

Il convient de lier logiquement les tâches planinng des différentes phases.
Jean-Yves Moine

Vulgarisation Coûtenance

24 octobre 2009

vulgarisation coutenanceJ’ai 20 euros en poche (le budget), je me rends chez un pizzaiolo, et je commande 2 pizzas. Chaque pizza coûte 8 euros, je m’engage donc pour un montant de 16 euros (l’engagé). J’en commande une pour maintenant et une pour demain. Je paie la première pizza immédiatement avec ma carte bleue à débit différé et je paierai la seconde demain, à réception. Aujourd’hui, j’ai donc payé 8 euros (le réalisé) et il me reste un engagement de 8 euros à payer demain (l’engagement). Comme je compte dépenser tout mon budget, il me reste à engager 4 euros (le reste à engager), je prévois en effet d’acheter une canette de jus de fruit mais je ne sais pas encore quand. Le lendemain, je paie la seconde pizza (réalisé = 16 euros ; engagement = 0 euros ; reste à engager = 4 euros), le coût (Coût prévisionnel final) de cette opération est donc de 20 euros, ce qui rentre dans mon budget.

Coût prévisionnel final = Engagé + Reste à engager =Réalisé + Engagement + Reste à engager = Réalisé + Reste à Réaliser (RAR)

Jean-Yves Moine